Aperçu historique de l' ile de la Réunion
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La découverte de cafèiers indigènesChapitre 3 | Navigation entre chapitres
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3e Partie : La découverte de caféiers indigènes et l’abandon de l’Ile Maurice par les Hollandais amèneront la mise en place par la Compagnie des Indes de Law du tandem des « Iles Sœurs »
Sommaire
Le Roi Louis XIV mourut à Versailles le26 Août 1715 en laissant comme héritier du trône son arrière petit fils, le futur Louis XV encore mineur. Il avait institué,par testament en date du 2 Août 1714, un Conseil de Régence présidé par le Duc du Maine, un des enfants qu’il avait eus de Madame de Montespan ; mais le 2 Septembre 1715, Philippe d’Orléans négocia avec le Parlement de Paris, obtint que ces dispositions soient rendues inopérantes et que la Régence lui soit confiée. Cette juridiction, forte de ce compromis, et ses homologues, s’arrogèrent désormais un droit de remontrance au Souverain, qui bloquera en fait tous les projets de réforme. Ce sera une des causes de la Révolution .
Dans les Mascareignes, trois évènements majeurs vont conditionner l’avenir de Bourbon, qui tenait toujours son rôle de « Centre de remise en forme » aussi bien pour les forbans que pour les autres navires de passage. Le panorama dessiné par Durot en 1705 en témoigne : le site des »sables » est encore désert mais une grande tente est dressée.
L’arrivée de ces Messieurs de Saint Lazare permettra l’établissement d’un clergé permanent et la construction, non sans mal, d’églises et de presbytères.
L’introduction de 20 plants de café de Moka lèvera les derniers doutes qui subsistaient sur la découverte d’Hardancourt.
Enfin la prise de possession de l’Ile Maurice rebaptisée Ile de France et sa colonisation à partir de 1721 donnera à la Mère Patrie, par les soins de La Bourdonnais, la base navale qui lui manquait dans l’Océan Indien et que Bourbon ne pouvait lui offrir : celle-ci deviendra la »cendrillon du couple.
Elaboration d’un plan 
Selon Albert Lougnon, » Quand la nouvelle eut été apportée en France de la ( re) découverte d’uin caféier indigène et du succès de l’introduction de quelques plants venus de Moka, l’indifférence que la Compagnie professait à l’égard de Bourbon fit place à un sentiment, qui n’était pas encore de l’enthousiasme, mais qui n’était plus du dédain ». L e reste de l’année fut occupé à élaborer grâce au rapport de Feuilley et au Mémoire d’Antoine Boucher, commandés par Foucherolle, un plan de colonisation, dont la première mesure fut la nomination, le11 Janvier 1717, de Beauvollier de Courchant en qualité de « Gouverneur des Iles de Bourbon et de France » ; Cette nomination fut en quelque sorte l’acte de naissance des Iles Sœurs.
Lancement de la culture du café
A Paris, la perspective de la culture de cette drogue entraîna la prorogation de dix ans du privilège et la réorganisation par Law de la Compagnie des Indes. Le plan de 1717, mis en forme par Foucherolle, devenu Directeur, et adopté par ses collègues édicta le remplacement de Parat par Beauvollier de Courchamp, la nomination d’un directeur du commerce en la personne de Antoine Boucher, devenu Desforges-Boucher, chargé d’inciter les colons à s’adonner désormais à la culture du café et le renforcement de l’équipe de direction.
Le Conseil Provincial, qui se tint à Saint Denis le 22 Novembre 1718, sous la présidence de Beauvollier, comprenait 15 membres dont Desforges- Boucher, les quatre missionnaires, Jacques Auber, Augustin Panon, Le Toullec etc L’équipement de la Colonie posait une foule de problèmes dont le plus urgent était la communication entre Saint Paul, où se trouvaient la grande majorité des habitants et Saint Denis, rade la plus propice au traitement des navires. On décida la création d’une voie de terre, passant non pas par la grève, mais par l’intérieur et le Major Champion fut.sur le champ désigné pour aller reconnaître et baliser, avec quelques habitants entendus, un tracé adéquat.
On procéda ensuite à l’inventaire des édifices : la case de Regnault, qui avait été malencontreusement, surélevée, servait à la fois de bureau et de résidence au gouverneur et il n’y avait pas de magasin. A Saint Paul, il n’y avait ni magasin ,ni logement de fonction.
Sur le plan judiciaire, le Conseil Provincial était maintenu avec un Procureur Général et un Greffier choisis en son sein. Justamond, qui avait assuré l’intérim de Parat était aussi notaire.
Au plan militaire, il n’y avait pas de troupes : Deux compagnies de milice avec capitaine et enseignes, l’une à Saint Denis et Sainte Suzanne et l’autre à Saint Paul colon dans l’oisiveté faute de terres. A cet effet, l’ordonnance royale du 27 Février 1713 avait prévu la représentation des titres de concession et la mise en valeur dans le délai de trois ans.
Dès le départ de Parat, qui avait jugé indispensable d’aller à Paris annoncer lui même la grande nouvelle, Justamond et le Conseil Provincial avaient demandé aux colons d’aller chercher dans les bois des cafiers indigènes pour les transplanter sur leurs concessions. ; Il s’avéra malheureusement que ces arbrisseaux ramené sur le littoral ne fleurissaient plus et donc ne pouvaient fructifier. Désormais on était tributaires des deux plants que Martin avait réussi à acclimater à Saint Denis et dont l’un disparut peu après. Le survivant commença à donner des graines en 1718 et elles furent l’objet d’une comptabilité rigoureuse. L e premier envoi important ne put avoir lieu qu’en 1727. Desforges-Boucher était mort à la tâche depuis le 1er Décembre 1725.
Evolution de la population 
La population s’était accrue rapidement : composée en 1696 de 488 personnes »tant blancs, que noirs; tant grands que petits », elle avait atteint en 1705 734 âmes et en 1711, Antoine Boucher dénombrait à peu près 1800 personnes réparties en 109 familles : 61 à Saint Paul ; 29 à Saint Denis ; et 19 à Sainte Suzanne. Selon le Père Barassin, sur les 109 chefs de famille, 40 étaient d’anciens flibustiers.
A partir de 1719, un certain nombre de ces »ennemis du genre humain », parmi lesquels Congdom, avaient demandé l’aman : quelques uns s’étaient établis sur l’île mais la plupart avaient regagné l’Europe. ; Cependant ? à la baie d’Antongil, subsistait un autre groupe de pirates comprenant le Capitaine Siguer, le Quartier Maître Taylor et Olivier Le Vasseur dit La Buse (à cause de sa rapidité à fondre sur sa proie), qui ne tenaient pas à renoncer encore à leur état.
Conditions de la mise en valeur de Bourbon
En 1643,on avait voulu créer à Fort Dauphin une colonie de peuplement et l’expérience s’était révélée humainement désastreuse :.en 30 ans, près de 4.000 colons avaient quitté ; la France pour la Grande Ile ; en 1674, il n’en subsistait que 127. A Bourbon, par contre les 20 pionniers d’origine étaient devenus en 50 ans. En 1708, Guillaume Hébert, qui voyageait sur le Saint Louis et qui séjourna dans l’île du 26 Avril au 18 Mai, note dans son rapport que depuis 4 ans il n’y est mort que 12 personnes, mais qu’y avaient été célébrés 120 baptêmes. Il évalue la population à 835 habitants : 461 libres ( hommes, femmes et enfants )et 374 esclaves ( nègres et négresses ). Le sieur de Villers, gouverneur, avait à sa disposition 23 nègres qui appartenaient à la Compagnie ( alors que les statuts de 1664 interdisaient de réduire quiconque en esclavage).Il note également que le commerce avec les flibustiers avait permis aux habitants de prêter au Comptoir de Pondichery 93.600 livres. Il estime aussi que , bien qu’ils s’en défendent, les habitants pouvaient détenir encore 200.000 écus.
Bref, la mise en valeur du territoire demandait une importation de main d’œuvre et si l’organisation de la traite à Madagascar ne posait pas aux administrateurs de problème de conscience, l’éradication des forbans qui y avaient élu domicile était indispensable.
Attaque de la Vierge du Cap 
Le 8 Avril 1721, mouilla en rade de Saint Denis un gros vaisseau portugais, la Vierge du Cap, qui avait à son bord le Comte d’Ericeira, Vice Roi de Goa, qui rentrait au Portugal. Le navire avait subi par 13° un cyclone : il avait perdu tous ses mâts et la plupart des canons avaient été jetés par-dessus bord. Mais il restait une masse de marchandises précieuses : rien qu’en diamants de 3 à 3 millions de piastres.
Avant de radouber le vaisseau, on avait découvert la poupe pour la visiter et on avait découvert 45 courbes crevées par le roulis. ; Avec les canons on avait jeté à la mer sabres, espontons et grenades. Le vaisseau ne pouvait plus manœuvrer. En 1721, Saint Denis ne disposait ni de forteresse, ni de canons et encore moins de troupes ( le fort projeté par Jacob de la Haye est encore à l’état de pierre gravée).
Le 21 Avril, à l’aube, parurent deux navires poussés par une forte brise et battant pavillon anglais ( en fait ces forbans bénéficiaient de complices dans tout l’océan) . Malgr2 les objurgations de Beauvollier de Courchant, le Comte, qui logeait à terre à quelque distance du campement où étaient hébergés malades, passagers et domestiques, tint à regagner son bord en compagnie de deux gentilshommes de sa suite.
Arrivés à portée de fusil, les nouveaux venus hissèrent les pavillons noirs semés de têtes de mort et commencèrent à envoyer des bordées de canon et des décharges de mousqueterie. L e Comte ordonna de répliquer, mais la partie était par trop inégale ; Le Victorieux, avec 36 canons et 200 hommes d’équipage, commandé par La Buse, s’accrocha sous son beaupré. Parallèlement la Fantaisie (ex Cassandra) avec 38 canons et 280 hommes, commandé par Siguer vint à tribord, mais le feu du portugais lui fit manquer l’abordage ;Il continua donc à canonner et fit sauter la dunette. Les portugais, affaiblis de morts et de blessés, plièrent : 13 désertèrent et les autres se jetèrent à la mer pour gagner le rivage . Le Comte se retrouva donc sur le pont, entouré de 20 fidèles. Avec son habit d’écarlate, il ne pouvait passer inaperçu. L a lame de son épée ayant été cassée, il parait les coups avec sa canne. Saisi par derrière, il fut renversé sur le pont et aurait été tué sans l’intervention de Taylor, Quartier Maître des forbans , qui fit cesser le carnage. L e Comte fut conduit à bord de la Fantaisie et on lui rendit son épée brisée, quoique d’or, et sa croix de l’Ordre du Christ.
Prise de la Ville d’Ostende
Ayant appris des portugais qu’il y avait en rade de Saint Paul un navire hollandais, le Victorieux s’y rendit, pendant que ma Fantaisie prenait en remorque le navire démâté. La Ville d’Ostende, interlope de 24 canons et 60 hommes « se rendit sans avoir tiré un coup de canon, à cause que l’équipage, mutiné contre son capitaine, ne voulut pas combattre.
Libération du Comte 
Beauvollier se rendit à Saint Paul et demanda les bons offices de Congdom, ancien forban anglais, qui avait bénéficié d l’amnistie, mais, occupés à fouiller les deux prises, les flibustiers demeurérent à bord et ce n’est qu’à la nuit qu’il put monter à bord de la Fantaisie. Entre –temps, on était passé à table et le Comte fit remarquer à Siguer qu’il était un meuble bien encombrant à bord d’un navire forban puisqu’il ne servait à autre chose qu’à rendre les vivres plus rares. Finalement le Comte sera libéré le lendemain contre une rançon de 2.000 piastres avancée par Beauvollier : les flibustiers tapissèrent magnifiquement leur meilleur canot pour le ramener à terre où l’attendait Beauvollier, avec un détachement de miliciens, armes sur l’épaule.. Le débarquement donna lieu à une salve de 21 coups de canon et à 11 cris de Vive le Roi !
Les forbans s’attardèrent encore deux jours, se promenant à terre sans armes et sans insultes et réglèrent le ravitaillement qui leur avait été fourni par les habitants. On comprend que , dans ces conditions, lesdits habitants, même, s’ils n’étaient tous « vieux et caducs » n’étaient pas enclins à se heurter à ces hommes nombreux, aguerris, munis de fusils et soutenus par des canons en ordre de marche
1723 - Année Mémorable
Desforges Boucher remplaça Beauvollier comme gouverneur et c’est lui qui reçut les instructions concernant l’extension à Bourbon de la réglementation élaborée aux Antilles concernant la réserve ( interdiction de défricher) des 60 Pas de la Compagne devenus Pas géométriques.
A Paris, au terme d’une longue évolution la Compagnie de Colbert est absorbée par celle de Law, qui se voit attribuer le privilège d’introduction des cafés et la ferme des tabacs.
Aux Mascareignes, La Bourdonnais réussit à passer en chaloupe de Bourbon à l’Ile de France et le conflit « spirituel » entre administrateurs et missionnaire prit fin par la décision du Régent d’exclure du Conseil Provincial les Lazaristes qui y siégeaient de droit. En effet, si les administrateurs ne demandaient qu’à être débarrassés des forbans, les missionnaires pensaient que le pardon devait être accompagné, sinon de repentir, du moins de restitutions, éventuellement partielles, du produit des crimes et rapines. Et ces restitutions devaient aussi concerner les habitants qui avaient trafiqué avec eux ( et qui avaient été les bailleurs de fonds de Pondichery ).
Ces restitutions avaient eu lieu et avaient constitué le Trésor de la paroisse de Saint Paul, qui avait été saisi entre les mains du marguiller contre « engagement solennel de rendre espèces pour espèces dès l’arrivée des premiers fonds qui rentreraient en caisse » Ces matières d’or et d’argent devaient servir aux réparation des vaisseaux et avaient été entreposées dans le « Magasin Général », caisse en bois, couverte en feuilles de lataniers qui venait d’être construite. Dans la nuit du 2 au 3 Juillet, un incendie dévora l’entrepôt, les effets de nulle valeur qui s’y trouvaient, mais surtout ce qui subsistait des matières d’or et d’argent qui avaient été empruntées quasiment de force. O n ne découvrit jamais la main criminelle qui avait lance le tison sur le toit , pendant que le gouverneur était au cevet de sa femme morte en couches.
A l’exception de Joseph Pascal, Guillaume Plantu, et Adam Jams, qui s’établirent dans l’îleîle, et de Clayton, qui fut tué lors d’une révolte, tous les forbans qui avaient demandé l’aman , rentrèrent en Europe : Congdom se maria au ¨Port Louis de Bretagne et devint armateur côtier.
La traite à Madagascar 
Une chose était de la décider à Bourbon et une autre de la réaliser à Madagascar. Le premier essai eut lieu en 1718 avec la Courrier de Bourbon , capitaine ; Antoine Dufour. Parti de Lorient en Février et de Saint Paul au mois d’Août il devait recruter de la main d’œuvre servile sur la côte nord orientale en évitant les parages de l’Ile Sainte Marie. Il était de retour en décembre, n’ayant pas réussi sa traite et se proposait d’aller hiverner à Maurice si on pouvait lui procurer les deux câbles indispensables. Le 17 Décembre, après enquête de navigabilité, il relevait pour l’Europe : la première traite organisée par la Compagnie se révélait un échec complet . Il revint en 1721 et eut l’insigne honneur de transporte à Maurice le premier groupe de colons français. Avec lui était arrivée la Duchesse de Noailles, qui partit à son tour et fut capturé et incendié par l’équipage du Cassandra de Taylor le 31 Décembre 1721. En fin le éè Octobre 1725, à l’aiguade de Morondava, les esclaves parqués sur le pont du Vautour, s’emparèrent des outils du charpentier, tuérent les marins de garde, forcèrent les, portes de la grande chambre, éventrèrent coffres et barils et coupèrent les amarres du négrier qui s’échoua.
Selon Albert Lougnon, après 50 ans de colonisation, la providentielle tortue avait été& exterminée et les agents s’étaient révélés incapables d’assurer l’avitaillement des navires, de constituer des troupeaux ou même des « habitations ». Les navires affectés à la traite devant ramener des vivres, ils ne purent se procurer que de petites quantités de travailleurs : de 1718 à 1725, moins d’un millier auraient été introduits. En 1721, l’Indien avait pu en acheter u certain nombre à la côte d’Afrique, mais ils avaient coûté si cher qu’on hésitait à renouveler l’opération.
Le Conseil Provincial devient Conseil Supérieur
Les sentences étaient susceptibles d’appel à Pondichery. Vu de Paris, ce n’était pas très loin, mais avec le développement prévisible des contestations il valait mieux que les litiges relatifs aux concessions qui allaient se multiplier, puisqu’il n’y avait plus de gibier à protéger, mais des terres à défricher, soient jugés localement. Cette transformation donna lieu, le 18 Novembre 1724, à une cérémonie qui se voulait grandiose, mais qui ne pouvait cacher la pauvreté des lieux . Mais « en levant le siège Monsieur le Gouverneur invita à un grand repas qu’il donna à toutes les personnes recommandables de cette belle Assemblée ». Les troupes ,qui rendaient les honneurs, étaient les 24 survivants arrivés par le St Albin et le Rubis, aux quels s’ajoutèrent les 20 soldats et le sergent qui avaient voyagé sur la Vierge de Grâce en 1722. Desforges Boucher attribua à Samson Lebeau le terrain sis entre la Rivière des Roches et la Rivière des Marsouins et à lui-même la concession de la Ravine du Gol, que son fils mit en valeur deux décennies plus tard.
Relations avec les interlopes 
La Compagnie ayant obtenu par lettres- patentes le monopole du commerce au-delà du Cap de Bonne Espérance, les habitants ne pouvaient échanger ni entre eux, ni surtout avec les navires étrangers. Tout devait se faire par l’intermédiaire du « garde-magasin « ou « fiscal ». Après la chute de Fort Dauphin, Bourbon survit en fournissant des « rafraîchissements », essentiellement pendant les premières décennies des tortues de terre aux navires de passage ( portugais, hollandais, anglais à titre de réciprocité ) et achète la « pacotille », le « port permis « des équipages. C’est le désir de se « défaire » plus avantageusement de son eau de vie, qui a poussé le capitaine de Beauregard à enfreindre, à s’arrêter à Fort Dauphin. A partir de 1685, ce sont les relations » formellement interdites » avec ces « ennemis du genre humain » qu’étaient les forbans, qui permit à certains habitants et administrateurs une prospérité réelle ; Le lancement par la nouvelle Compagnie de la culture du café provoqua un afflux d’immigrants européens, auxquels il fallut accorder des concessions et des prêts en marchandises et en esclaves.
Dans l’intention avouée de favoriser les remboursement des dettes, la Compagnie envoie avec parcimonie les articles demandés et souvent mal adaptés :on comprend aisément que les habitants aient préféré les cotonnades imprimées (les indiennes) aux draps « gros grain ». Au mois de Juin 1726, Pierre Christophe Lenoir, »Commandant de tous les forts et établissements français aux Indes » constata lors de son séjour que « les autorités locales avaient raison de se plaindre que la Compagnie néglige les marchandises et denrées nécessaires…que le peu qu’elle y faisait passer de France soit défectueux et de mauvaise qualité…où les poids et mesures ne se trouvent point… »On était donc contraint de, traiter avec les interlopes : en Septembre 1725, « les effets du Carlisle avaient été débarqués en deux nuits par les esclaves de la Compagnie et ceux du gouverneur ». A l’Ile de France , Denyon avait permis au capitaine du même Carlisle de monter une tente à terre et d’y tenir boutique et cabaret ouverts.
L’Ile de France, en 1724, était en pleine détresse : les singes n’étaient pas les seuls à saccager les cultures ; les rats s’en mêlaient et on ne pouvait rien arracher à leur « fureur dévorante et croquante ». En Février, lorsque venant de Madras le Carlisle se présenta, Denyon, avec l’accord de ses collaborateurs, décida de l’affréter et de l’envoyer à Fort Dauphin chercher du riz. Le navire devait passer à Bourbon pour vendre les marchandises dont il était bondé pour faire de la place.
Pierre Benoît Dumas
Venant de Pondichéry, il réussit à tirer de ce comptoir des esclaves » à talents ». Il fit réaliser le premier chemin passant par les crêtes de La Montagne et commencer le grand magasin , qui abrite notre Préfecture de Région actuelle. Sa concession se trouvait dans le Sud (Centre Hospitalier de Terre Rouge ) et il laissa ses deux prénoms aux paroisses qui furent érigées à cette époque : Saint Benoît et Saint Pierre.
Mahé de La Bourdonnais 
Marin émérite, il confirma la supériorité de Saint Denis, à cause de son » vent de terre » permettant aux navires chargés de mettre à la voile chaque jour, concentra dans le grand magasin tous les services et construisit en face le « pont volant » autorisant le chargement des chaloupes au-delà du ressac. Il eut le premier recours pour les travaux à des entrepreneurs. Il transforma le Trou Fanfaron en base navale, dont l’approvisionnement fut confié à la « cendrillon « des Iles Sœurs. Cette répartition de taches : A l’Ile de France le négoce et le sucre, à Bourbon le café et les grains vivriers dura jusqu’à, d’abord la rupture des communications pendant la Révolution et l’Empire, puis la rétrocession de Bourbon à la France en 1815.
Le café de Bourbon
Lorsque La Bourdonnais débarque à Bourbon le 12 Juillet 1735, le poids des cafés exportés était passé de 316.600 livres pesant en 1731 à 895.872 en 1734. Pour que le café de Bourbon puisse rivaliser avec celui de Moka ( qui arrivait à Marseille par la Méditerranée) il eut fallu que la qualité de la marchandise fut au moins équivalente. Ce n’était pas le cas et les cargaisons étaient réexpédiées de Lorient en Hollande ou à Hambourg.
De plus les Antilles, qui s’étaient mises, malgré l’interdiction officielle, àproduire du café, contestaient le monopole accordé en 1723 à la Compagnie des Indes. ; La Bourdonnais avait reçu la triple mission d’améliorer la qualité ;du produit, de trouver d’autres débouchés et de promouvoir la culture d’autres végétaux utiles. Le 29 Mai 1736, les Antillais obtenaient du Conseil du Roi la fin du monopole et la nécessité de produire des cultures vivrières ou de remplacement devenait inéluctable.
Volontaires de Bourbon
En 1741, les Mahrattes attaquèrent Pondichéry, qui appela au secours. L a Bourdonnais fit appel à des Volontaires et 80 colons s’offrirent spontanément et se joignirent à la Compagnie de Passy. Selon Albert Lougnon, cet empressement des habitants fit prendre conscience à la Cour de Versailles de l’intérêt de disposer dans l’Océan Indien d’une colonie de peuplement et cet »impôt du sang » ancrera Bourbon dans le destin national. Car ce corps perdit dans l’affaire la moitié de ses effectifs, tant en tués qu’en blessés. ; Et ces 80 hommes valides représentaient une contribution d’autant plus méritoire que l’ennemi intérieur ( le marronnage) montait en puissance.
Création de la « Commune » 
Elle n’a rien à voir avec l’organisation territoriale de 1790, qui transforma les paroisses en communes. Il s’agissait de lutter contre les marrons d’une part en rémunérant ceux qui iraient à la poursuite des fugitifs, d’autre part en indemnisant les propriétaires des esclaves rebelles qui auraient été tués. Une redevance de 20 sous par tête d’esclave.
Union des cures des Iles de Bourbon et de France à la Congrégation de la mission
Les difficultés entre administrateurs et missionnaires avaient commencé dès 1720 sur l’attitude à adopter vis-à-vis de forbans amnistiés. L a réquisition du Trésor de la paroisse dd Saint Paul n’avait fait qu’envenimer les choses et , à la demande de Desforges Boucher, les missionnaires avaient été exclus du Conseil. Selon le Père Barassin aux termes du Concordat du 27 Juillet 1736 et des actes additionnels, la Compagnie s’engageait à doter chacune des six paroisses existantes : Saint Denis, Saint Paul, Sainte Suzanne, Saint Benoît, Saint Pierre et Saint Louis. Cette union, tant en raison des lenteurs de la Cour de Rome que du mauvais vouloir de La Bourdonnais ne put se faire que le12 Août 1744.
C’est pourquoi, entre temps, Mgr Louis Criais, Préfet Apostolique, proposa aux autorités locales de se charger, à certaines conditions, de la construction en maçonnerie des églises et presbytères. Au moment de la signature du document, le 24 Novembre 1739, il n’existait dans l’île que deux églises ( Sainte Suzanne et Saint Benoît ) et un presbytère (Saint Benoît) construits en maçonnerie. Ces accords qui prévoyaient essentiellement la fourniture de barriques de chaux et de journées d’esclaves, furent remis en question à la liquidation de la Compagnie des Indes (Edit du 4 Août 1764) et à l’arrivée des administrateurs royaux. Le duc de Praslin voulut imposer les mêmes règles suivies aux autres colonies. Les choses traînèrent en longueur et la Révolution mit fin au pouvoir royal et à la congrégation. Le duc réussit cependant à faire fermer le Collège Saint Cyprien que Mgr Criais et Bouvet de Lozier avaient eu tant de mal à édifier.
En bref, si La Bourdonnais n’a réussi à remplacer le café ni par le tabac, ni par l’indigo, il introduisit le manioc et avec le Port Louis il créait un débouché assuré pour les cultures vivrières de Bourbon.
Rôle de Joseph Hubert
Mini généalogie : Son grand père, Antoine Hubert, Major de la Compagnie Suisse
envoyée à l’Ile de France en 1721, mourut en mer le 20 Mars 1722. Son père Henry Hubert, né à St Louis ( Haut Rhin) en 1709 resta avec sa mère à Maurice jusqu’à sa venue à Bourbon en 1725 où ils obtinrent la concession du Bras Mussard à Saint Benoît.. Il épousa une demoiselle Lucas, arrivée tout enfant, mais nièce d’un des directeurs. Joseph Henry Hubert apprit des rudiments de lecture et d’écriture avec sa grand’mère née Schott, signataire d’une supplique de colons pour le prix des cafés en 1746. Il avait perdu son père à l’âge de 5 ans et devint chef de famille à la mort de sa grand’mère le 8 Août 1768. Il avait vécu toutes les vicissitudes d’un planteur de café et se rendit immédiatement à l’Ile de France où il fit la connaissance de l’Intendant Pierre Poivre, dont il devint le disciple ; Avec les arbres à épices (girofliers et muscadiers) il avait accès à ces produits de grande valeur pour un faible poids dans un pays où les premiers chemins venaient d’être tracés et où il n’y avait aucun pont.
Joseph Hubert réussit à acclimater non seulement les épices mais beaucoup d’autres fruitiers et par greffage à avoir un maximum de muscadiers femelles. Pour tenter de résoudre le problème de la paupérisation des « blancs » il obtint du gouverneur Joseph de Souville la création du Quartier de Saint Joseph (de la ravine de Vincendo au Grand Brûlé) et se dévoua à ses « enfants » pendant trente ans. Il fut le guide de Bory de Saint Vincent et eut l’intuition du mouvement tourbillonnaire des cyclones. Il mourut en 1825 entouré de la considération de tous.
La Révolution 
En France, pour se venger des humiliations du Traité de Paris de 1763, qui avait consacré la perte de l’Inde et du Canada, le gouvernement royal décida d’accorder son appui aux »Insurgents » américains en rébellion contre la métropole anglaise .LE Marquis de La Fayette et Rochambeau payèrent de leur personne et les treize colonies de la Côte Est devinrent une république fédérale avec un Président et deux Chambres (Sénat et Représentants) élus au suffrage universel.
Les nouveaux Etats-Unis n’acceptèrent par de rembourser les dépenses engagées par la France qui se retrouva en état de banqueroute. Une assemblée de Notables réunie en 1786 révéla des « élites » accrochées à leurs privilèges. ; Au mois de Juillet 1788, on décida de convoquer les Etats Généraux qui ne s’étaient plus réunis depuis 1614 pour Mai 1789. Au mois de Janvier, dans les paroisses eurent lieu les désignations des représentants et la rédaction des Cahiers de Doléances.
Le 5 Mai le Roi présida à Versailles la séance d’ouverture. Des difficultés de vérification des pouvoirs et la fermeture de la salle initiale font que le 17 Juin le Tiers Etat ( qui comprenait de nombreux membres issus des parlements locaux) se proclame Assemblée Nationale (serment du Jeu de Paume le 20 Juin) . Le 9 Juillet elle devient Constituante et le 14 Juillet c’est la Prise de la Bastille. Du 20 Juillet au 6 Août éclate la Grande Peur : des émeutes paysannes réclament l’abolition des droits seigneuriaux, des centaines de châteaux sont pillés et les chartiers brûlés. Dans la nuit du 4 Août, l’Assemblée vote l’abolition des privilèges et le 26 suivant les Droits de l’Homme . Le 6 Octobre le Roi et sa famille sont ramenés à Paris .Le 2 Novembre on nationalise les biens du Clergé et le 14 Décembre, ce sera la création des Assignats gagés par la vente des biens du clergé. Le 15 Janvier 1790 une réforme divise le territoire en 83 « départements » (carrés de 500 à 800.000 hectares) ; le 122 Juillet est votée la Constitution Civile du Clergé et enfin le 14 Juillet 1790, c’est la Fête de la Fédération avec messe célébrée par Talleyrand , évêque d’Autun.
A Bourbon, les ordres n’avaient jamais éxisté et la prééminence seigneuriale de la Compagnie avait disparu avec elle. En 1767, date de la rétrocession effective au Roi, ce dernier avait hérité des créances contre les habitants mais l’Abbé Terray ayant donné des consignes de modération, elles ne furent pas recouvrées.
Conformément aux instructions reçues on se réunit dans les paroisses pour élire des représentants à l’Assemblée Générale : Joseph Hubert, commandant de quartier, nommé par le Roi devint le représentant élu de Saint Joseph. Par contre les querelles de personnes ne manquèrent pas pour élaborer le Règlement. On réussit à designer un député pour Versailles , mais faute de modèle, on ne parvint pas à rédiger un Cahier de Doléances. ; En fait on n’avait pu suivre la succession rapide des évènements et le 14 Juillet 1790, lorsque l’Assemblée Coloniale reçut de l’Ile de France notification de la réforme territoriale transformant les paroisses (au nombre de 11) en communes, nos ancêtres crurent bon sur le moment de rendre hommage au Bon Roi Henri IV , à son digne représentant Louis XVI et de faire chanter un Te Deum.. Le même jour, à Paris, la Commune imposait au souverain le port d’une cocarde tricolore.
Remarque :Lorsque, grâce à Claude Wanquet, j’ai pris connaissance de l’épisode ci-dessus et sachant que depuis 1965 ( Cilaos ) et avant 1935 (Tampon, Petite Ile) nous avions été incapables de diviser une de nos grandes communes, je me suis demandé comment en si peu de temps des « bleus » avaient réussi à remanier l’ensemble du territoire métropolitain. Et voici ce que j’ai découvert : Pour assurer une meilleure administration , en 1765, d’Argenson, Ministre de Louis XV, avait proposé la division du conglomérat formé par les capétiens en huit cents ans en « départements », circonscriptions territoriales gérées par les baillis et sénéchaux »départis » dans le Royaume. Ce projet s’était heurté à l’opposition résolue des 15 Parlements qui s’estimaient les défenseurs du peuple contre le tyran (selon la formule actuelle ils ont dû parler de « retrait immédiat et définitif »). Mais l’idée faisait son chemin et en 1780 le géographe Robert de Hesseln avait étudié la division du territoire en 9 carrés eux-mêmes divisés en 9 « départements » ( 9X 9 = 81 ) . En 1788, les Cahiers des Etats Généraux souhaitaient la formation de circonscriptions uniformes et commodes avec un chef-lieu aisément accessible. Au mois d’Août 1789, la Constituante mit la réforme en chantier et décréta que le découpage serait fait » aussitôt que possible » en carrés égaux de 300 lieues carrées.
Les membres du Tiers n’avaient pas oublié l’opposition forcenée des anciens Parlements et maintenant qu’ils avaient accédé au pouvoir central, c’est au cri de « Mieux vaut 80 roquets que 15 gros chiens loups » qu’on progressa. ; Certains préconisaient de continuer la division en districts et en communes suivant le procédé mathématique ci-dessus, mais Mirabeau s’y opposa et fit adopter le principe : »Il y aura une municipalité dans chaque ville ou paroisse ». Telle est l’origine des 36.000 communes.
Vues de Métropole les « Iles Sœurs » formaient une entité n’atteignant même pas les 500.000 hectares (251.000 = 225.000 = 476.000 ) mais la réforme fut appliquée : Bourbon fut divisée en 2 Districts et les 11 paroisses devinrent Communes. Puis il y rupture de communications, puis ignorance et rébellion contre le décret de la Convention supprimant l’esclavage. A la reprise en mains par le Capitaine Général Decaen , en 1804, alors qu le Corps Préfectoral avait créé par le Consulat le 17 Février 1800, l’Ile de France eut son Préfet et Bourbon, devenue Réunion, son Sous Préfet Chanvalon, auteur d’un rapport exhaustif sur l’état de la Colonie à cette époque.
Les Corsaires 
La Révolution vit l’apparition des Corsaires, ces marins intrépides qui faisaient le métier de forbans mais menaient la guerre de course avec une « lettre de marque » et s’engageaient à ramener leurs prises au Port Louis, où se trouvait le Tribunal et qui devint florissant. Les « neutres » ( américains et suédois ) venaient s’y procurer les marchandises confisquées aux anglais. Les plus célèbres furent les frères Surcouf, et parmi eux Robert.
L’expédition d’Egypte entreprise en 1798 par Bonaparte avait pou r but de porter atteint à la puissance anglaise en Inde en passant par le Moyen Orient (réminiscence de l’expédition d’Alexandre le Grand probablement). Mais, mise à part la naissance de l’Egyptologie moderne avec le décryptage par Champollion de la pierre de Rosette) la moitié de la flotte française, celle basée à Toulon , fut anéantie à Aboukir par l’Amiral Nelson.
Les Corsaires, qui étaient rentrés en Europe, revinrent à la reprise de hostilités sous l’Empire et Saint Paul leur servit de base de repli, lorsque l’accès du Port Louis leur était interdit par les ennemis. Surcouf finit par se fâcher avec Decaen Après la prise du Cap, puis de Rodrigue par les Anglais, ceux –ci multiplièrent les croisières entre les deux îles. En 1809 il y eut des débarquements à Sainte Rose , puis à Saint Paul, Enfin , lors du combat de la Redoute en Juillet 1810, les 300 soldats et miliciens français succombèrent sous les assauts des 2.000 anglais et cipayes qui avaient débarqué tant à La Mare qu’à la Grande Chaloupe et l’île devint anglaise pendant cinq ans. ; l4Ile de France succomba à son tour le3 Décembre 1810.
Sur le plan politique, la période commença par une rivalité entre les représentants du Roi (désormais privés de subsides ) et l’ Assemblée Coloniale qui, à l’instar de la Constituante ) s’était proclamée inviolable. L’établissement de prélèvements fiscaux entraîna la révolte de la commune de Saint André, puis celle du canton Sud ( Saint Louis ) et il y eut des déportations. L’annonce de la suppression de l’esclavage part la Convention déclencha une « anglomanie » et le rembarquement de force à Port Louis des envoyés du Directoire Baco et Burnel vers l’Insulinde, coup de force approuvé par Bourbon.
Decaen rétablit l’ordre en maintenant l’esclavage et en supprimant l’Assemblée Coloniale. Il promulgua le Code Napoléon en tenant compte du Code Noir et accentua la prédominance économique de l’Ile de France.
L’occupation anglaise fut marquée par une révolte des esclaves de Saint Leu, révolte durement réprimée . L e jugement rendu à Saint Denis le 11 Février 1812 prononça des peines de mort.
Les évènements survenus en Europe semblaient indiquer un rétablissement de la Monarchie et le retour possible à la France de ses lointaines colonies et les Angais commencèrent à retirer le numéraire qu’ils avaient amené. Signée e 30Mai 1814, la paix d’Amiens confirma cette prévision pour Bourbon. Athanase Bouvet de Lozier arriva à Port Louis le 30 Mars 1815 et négocia avec Farquhar les modalités de la passation de pouoirs qui eut lieu à Saint Denis le 6 Avril 1815.
Conversion des terres à la culture de la canne à sucre
La culture du coton était devenue problématique, celle de l’indigo avait échouié et les désastres climatiques de 1806-1807 avaient anéanti non seulement.
Les caféiers, mais aussi les bois noirs qui leur servaient de pare-soleil et les avalasses avaient raclé la sol jusqu’au tuf. Par ailleurs, Saint Domingue ,notre plus belle « île à sucre » avait conquis son indépendance et l’occupation anglaise avait fait disparaître la tutelle économique sourcilleuse de Decaen.
Charles Panon Desbassyns, né le 28 Octobre 1782, avait épousé le 21 Janvier 1808 Anne Sophie Labauve d’Arifat, originaire de l’Ile de France. Tous deux s’établ:irent sur la propriété du Chaudron, à proximité de Saint Denis. Il pensa qu’il y avait mieux à faire avec de la canne à sucre que de fabriquer de l’arack (cinq propriétaires en avaient la patente onéreuse de Decaen). Il décida de construire une sucrerie en pierres ( Il pensa probablement à celle que Laisné Beaulieu avait implantée avec succès à Saint Benoît et qu’un, ouragan avait détruite en 1784). Pendant qu’il faisait fabriquer à Londres des moulins à manège verticaux, il envoyait à Maurice avec des lettres de recommandation un maître maçon intelligent Boucot, ancien sergent d’artillerie, qui visita les établissements sucriers de l’Ile Sœur et ramena des plans de : moulins, purgerie, chaudières, écuries etc Les machines arrivèrent par le navire l’Urbano, porteur également de la nouvelle de la paix de 1814. Pendant que son frère Joseph, établi sur la propriété de Bel Air perfectionnait les façons culturales, Charles faisait c’éer sur les habitatios des chemins pour extraire et transporter les cannes, former charretiers et bœufs ( qui vont par paires) et même améliorer le « Grand Chemin » sur les 4 kilomètres qui séparaient le Chaudron de l’embarcadère du Barachois, afin de pouvoir en 1815 exporter 15 des 22 tonnes produites.